maisonsLes 4 habitats reconstitués à SAMARA sont issus de fouilles régionales et marquent quatre grandes étapes de l'évolution de l'Homme en Picardie : habitat nomade, premier habitat sédentaire, habitat des premiers métallurgistes, habitat Gaulois juste avant la conquête de Jules César.
Ces reconstitutions à échelle réelle constituent une véritable richesse archéologique.
Même si très fiable sur le plan scientifique, chaque habitat reste une reproduction hypothétique puisque les archéologues retrouvent peu de vestiges de ces époques lointaines.

Imaginez la vie quotidienne de nos ancêtres en découvrant leurs habitats...




homme et tente paloLa tente du Paléolithique Supérieur  

A la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 15 000 ans, les chasseurs Magdaléniens -le dernier peuple du Paléolithique- ont un mode de vie semi-nomade ou itinérant. Le gibier composé de rennes ou de chevaux est abattu en masse lors des périodes de migrations au printemps ou à l'automne. La chasse s’effectue à la sagaie lancée à l’aide d’un propulseur qui augmente considérablement la puissance et l’efficacité du tir.

Réalisée à partir des fouilles d’Etiolles et de Pincevent - la section 36 -, au sud de Paris, la tente reconstituée était probablement recouverte de peaux de rennes ou de chevaux. L’armature de l’habitation est composée de petites branches de moins de 2 mètres, les seules disponibles dans l’environnement glaciaire de cette époque. En Europe centrale et orientale, l’armature des tentes est souvent réalisée avec des ossements de mammouths.

Pour reconstituer cette tente, il a fallu :
-    des branches de saule de plus de 3 mètres de long (il faut un bois tendre et malléable) ;
-    3 km de lanière de cuir ;
-    des kilos de matière grasse pour assouplir les liens et les peaux ;
-    une centaine de peaux entières pour la recouvrir.

Le site de référence de Verberie - de la tente du Paléolithique -
Durant les fouilles, il est évident que seules quelques traces d'occupation ont été retrouvées: elles correspondent au cercle de pierre servant à maintenir les peaux de la tente, aux différents "déchets" disséminés : vestiges osseux, vestiges de débitage laminaire, zones vides qui servaient pour le couchage...

Le gisement Magdalénien de Buisson Campin à Verberie dans l'Oise a été découvert en 1974 par B. Lambot et fut fouillé depuis par F. Audouze en collaboration avec J. Enloe.

Les niveaux archéologiques sont conservés dans des limons de débordement de l'Oise en bordure de la plaine alluviale actuelle. Comme la plupart des gisements magdaléniens du Bassin parisien, les vestiges lithiques ou osseux s'organisent à proximité des foyers. La faune chassée se compose presque exclusivement de rennes et on dénombre de 10 à 30 individus abattus selon les niveaux.

Le site est interprété comme une série de campements saisonniers successifs de chasseurs de rennes. Dans le niveau supérieur, l'existence d'une aire de dépeçage caractérisée par une surface circulaire vide ou presque, entourée d'ossements de rennes a été mise en évidence. A proximité de cette zone, se trouve une aire de découpage de la viande en lanières, constituée par un espace vierge entouré d'omoplates, de côtes et de lames de silex utilisées comme couteaux de boucherie. L'étude de la faune permet de situer les périodes d'occupation du site à l'automne : entre septembre et la fin du mois de novembre, ce qui correspond à la migration des troupeaux de rennes.

Comme pour les gisements magdaléniens du Bassin parisien avec Pincevent, Etiolles, le gisement de Verberie s'inscrit dans un cycle de déplacement annuel des chasseurs magdaléniens. Les datations par la méthode du Carbone 14 ont révélé une occupation datant de 14 ou 15 000 ans avant notre ère.




La maison du Néolithique Ancien (5 000 avant J.-C.)
neo

Elle a été reconstituée à partir des découvertes de Cuiry-les-Chaudardes, dans l’Aisne.

Un village de l’époque des premiers agriculteurs-éleveurs pouvait être formé de 4 à 5 de ces longues maisons (celle-ci mesure 28m sur 4m, d’autres peuvent atteindre 48m sur 8m). A l’intérieur de ces maisons, 30 à 50 personnes pouvaient y vivre.
Elles étaient alignées, côte à côte, suivant une orientation est-ouest pour mieux résister aux vents dominants et le toit est à double pente, réaliser en roseaux et en chaume. Les murs sont réalisés selon la technique du clayonnage puis enduits d’un mélange appelé torchis à base d’argile et de matières végétales.

Dans un environnement naturel dominé par les forêts, les premiers travaux de défrichement ont commencé.

La charpente est portée par des rangées de 5 poteaux calés dans des trous très profonds. Les fosses latérales ont fourni, lors de la fouille, de nombreux vestiges qui permettent de reconstituer la vie quotidienne des habitants de la maison.


Le site de référence de Cuiry-les-Chaudardes
Le village Néolithique de Cuiry-les-Chaudardes dans l'Aisne est fouillé depuis 1972. Ce site est en pleine zone alluviale et est soumis aux intempéries.

Plus de 60 000 mètres carrés fouillés ont permis de mettre au jour une trentaine de maisons. Il s'agit de la plus grande surface fouillé en France sur un site Néolithique.

Plusieurs hameaux de trois ou quatre maisons, établis près de la rivière, s'y sont succédés pendant environ deux siècles.

Les maisons, rectangulaires et trapézoïdales, mesurent une dizaine de mètres pour les plus petites, quarante mètres pour les plus grandes. Etablis sur des terres fertiles, entre l'eau et la forêt, les bâtiments sont orientés selon la direction des vents dominants. C'est dans les fosses qui bordent les maisons, creusées pour la fabrication du torchis puis utilisés comme dépotoirs, que l'on a retrouvé l'essentiel des objets permettant de comprendre l'économie et la vie quotidienne des populations du Vème millénaire avant J.-C. Il ne subsiste des bâtiments que les trous de poteaux.

Chaque maison semble avoir abrité "une famille élargie" et l'on estime que le village pourrait avoir réuni une soixantaine de personnes. La construction du village de Cuiry-les-Chaudardes au début du Vème millénaire est attribuée à la venue de colons originaires de l'Est qui apportent avec eux une économie nouvelle fondée sur la pratique de l'agriculture et de l'élevage : il s'agit des peuples du Proche Orient.

La maison de l’Age du Bronze (700 avant J.-C.)
 

habitat bronze

Elle a été reconstituée d’après les fouilles de Choisy-au-Bac, au confluent de l’Oise et de l’Aisne.
La population s’accroît, l’action de l’homme se fait très forte dans l’environnement.
 L’utilisation de l’araire et l’apparition de l’outillage métallique favorisent de nouveaux défrichements. La multiplication des sites fortifiés révèle des tensions entre les communautés voisines pour l’obtention des terres. Le commerce des matières premières (cuivre, étain…) et d’objets finis en métal entre les différentes régions va de pair avec une circulation des techniques et des idées.
Les dimensions plus réduites de cet habitat (7m sur 5) indiquent des modifications au sein du groupe familial. Les poteaux ne sont pas plantés dans le sol, la charpente est portée par une ossature de bois, posée sur une semelle de fondation. Elle est caractérisée par son toit à quatre pans et les pièces de bois sont reliées par des assemblages complexes réalisés à l’aide d’un outillage métallique. Cette maison présente les caractères d’une maison individuelle (contrairement à la maison du Néolithique) délimitée par un enclos (ce qui marque le début de la propriété privée).


La maison du 2ème Age du Fer (50 avant J.-C)

Elle a été reconstituée d’après les fouilles du site de Villeneuve-Saint-Germain, près de Soissons, dans l’Aisne.
La fin de la conquête romaine n’a pas encore entraîné de changement important dans le mode de vie des Gaulois au nord de la Seine.  
maison gauloise christelleLa prospérité des peuples belges provient toujours de l’agriculture et de l’élevage, mais l’artisanat prend de plus en plus d’importance, tout comme le commerce.  

Cette maison faisait partie d’un village, dans un vaste site implanté dans une boucle de l’Aisne, protégé par une fortification. On a pu observer des îlots d’habitations séparés par un système de rues perpendiculaires.
A l’écart de la zone d’habitat fonctionnait un secteur d’activité artisanale. La découverte d’un atelier où était fabriqué des monnaies prouve qu’une autorité politique siégeait à cet endroit.

Le perfectionnement de l’outillage de fer (presque identique à celui du début du XXème siècle) permet de réaliser des techniques d’assemblage très complexes. Cette habitation est une des rares à posséder un grenier pour le stockage des grains. Ce grenier est posé sur une série de 9 poteaux, des disques de pierre interdisent l’accès aux rongeurs. L’ensemble se complète par une cave profonde de 2 m, servant à conserver des aliments, et par un puits permettant de canaliser l’eau.

 

 

Préhistoire

Mis à jour ( Jeudi, 13 Octobre 2011 09:53 )